ORION
ORigin and evolutION of biodiversity at the microevolutionary and macroevolutionary scales in swallowtail butterflies
Consolidator Grant 2024
Fabien Condamine
CNRS
ISEM
Pôle de recherche : Agriculture-Environnement-Biodiversité
DESCRIPTION :
Les schémas de distribution des espèces dans l’espace, le temps et les groupes taxonomiques fascinent les scientifiques depuis longtemps. La diversité des espèces trouve son origine dans les événements de spéciation, et la richesse spécifique inégale témoigne de taux de spéciation différents. La compréhension des moteurs de la biodiversité a suivi deux approches : soit l’étude de la variation de la fréquence allélique et de l’évolution des caractères quantitatifs au sein des espèces (microévolution), soit l’examen des taux de spéciation et de l’évolution phénotypique entre les espèces (macroévolution). Cependant, un fossé conceptuel persiste entre ces deux domaines, remettant en question la capacité des processus microévolutifs à expliquer les taux macroévolutifs. Le concept de spéciation constitue un lien essentiel entre ces échelles, les processus à l’échelle des populations influençant théoriquement les taux macroévolutifs. La conciliation de la microévolution et de la macroévolution a produit des résultats contradictoires quant à la relation entre les processus à l’échelle des populations et les taux macroévolutifs, soulignant la nécessité de poursuivre les recherches. Dans ce contexte, le projet ORION vise à combler le fossé entre la microévolution et la macroévolution afin de répondre à une question cruciale en recherche sur la biodiversité : les processus microévolutifs peuvent-ils prédire de manière fiable les taux macroévolutifs ? En adoptant une approche multidisciplinaire centrée sur les papillons machaon (Papilionidae) – une famille d’insectes emblématique dont la systématique et la taxonomie, regroupant 640 espèces réparties à travers le monde, sont bien documentées – nous collecterons et intégrerons des données génomiques, phénotypiques et écologiques aux niveaux spécifique et subspécifique. Nous étudierons si l’isolement des populations, l’isolement reproductif, la différenciation écologique et phénotypique, ainsi que la persistance des populations (processus microévolutifs) influencent le taux de spéciation et les taux d’évolution phénotypique et de niche (processus macroévolutifs). Ce projet vise à élucider les liens complexes entre les processus micro- et macroévolutifs et à mieux comprendre les mécanismes qui façonnent les gradients de biodiversité.
Informations sur le projet :
- Date de début : 1er octobre 2025
- Date de fin : 30 septembre 2030
- Coût total : 2 000 000 €
- Coordonné par le CNRS
- Panel : Life Sciences – LS8

